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vendredi 10 juillet 2009

Grand départ de Chine


Voici sans doute ce qui constitue le dernier billet de l'odyssée d'un pingouin dans l'Empire du Milieu. Une odyssée aux multiples facettes, tant culturelles, studieuses que personnelles, qui m'aura amené à mieux comprendre la Chine et ses habitants. Je ne saurais en revanche affirmer totalement maîtriser les tenants et aboutissements de ce pays-continent, qui recèle encore bien des mystères que j'appréhenderai sans doute mieux à chaque séjour ; car ce n'est pas un adieu au sol chinois, juste un au-revoir. Q. et moi ne manquerons pas d'y retourner régulièrement, que ce soit pour voir sa famille ou visiter, avec le but pour le moment un peu flou de s'y établir un jour pour une durée significative.

Ce séjour a été l'occasion de repenser nombre d'aspects de ma vie et d'envisager la délicate transition vers la vie de couple. Au-delà des difficultés rencontrées (principalement administratives, mais également d'une certaine façon affectives), en dépit du travail intense, malgré les période de doute, je regarde cette expérience avec l'idée qu'elle n'a en aucune façon été futile et qu'elle se révélera source d'enseignement pour les années à venir. On a coutume de dire "dis-moi qui je suis, je te dirai qui tu es". Nul expérience - la vie de couple mise à part - ne semble plus propice à se découvrir que de se retrouver dans la peau de l'étranger, tout à la fois objet des regards et révélateur de différences.

Être étranger en Chine est une expérience singulière par bien des aspects et ne peut être aisément transposée à ce que vivent en France les visiteurs venus d'ailleurs. Au cours de l'histoire, grâce à son impressionnante démographie, l'Empire du Milieu a toujours su absorber les arrivants, jusqu'à les convertir à sa culture. Avec 96% de Hans, la population y est très homogène, à la fois ethniquement et culturellement, en dépit de variations locales, ce qui à bien des égards est surprenant pour un pays aussi vaste. Il s'ensuit un rapport envers les étrangers alliant politesse et hospitalité, qui fait dire - avec raison - à ceux qui visitent l'ancienne Cathay que les gens y sont accueillant, la nourriture excellente et la culture un enchantement. Un certain nombre de clichés, véhiculés en partie par Hollywood, sont toutefois attachés aux occidentaux. Ne reflétant pas nécessairement la réalité, ils indisposent parfois, mais se traduisent la plupart du temps par une fascination des Chinois pour les étrangers finalement peu justifiée (entre le rêve et la réalité, un séjour en occident permet souvent de se faire une idée ;) ). Les étrangers conservent un côté exotique en Chine, aspect laissant quelque peu rêveur que nos sociétés occidentales très cosmopolites ont bien souvent fini par oublier en ce qui concernent leurs propres immigrants. A la décharge de ces dernières, il n'est pas toujours facile de vivre ensemble, et des pays comme la France n'ont pas l'homogénéité que la Chine peut avoir, ne disposant notamment pas de la capacité historique d'absorber les arrivants de cette dernière. La proportion de la population de l'Empire du Milieu que les étrangers représentent est au final ridiculement faible.

Le grand départ aura lieu samedi soir. C'est un moment que j'ai attendu avec impatience depuis fort longtemps, non que je ne souhaite particulièrement quitter la Chine en tant que telle, mais parce que nombre de personnes auxquelles je tiens me manquent beaucoup. Quoi qu'il en soit, "ce n'est qu'un au-revoir"...

mercredi 24 juin 2009

Bientôt la fin...


J'ai dernièrement été particulièrement occupé par ma thèse. Maintenant que ce pic d'activité est derrière moi, je vais suivre les recommandations de Q. et apporter une digne conclusion au périple d'un pingouin dans l'Empire du Milieu par une (ou plusieurs ?) note(s) de blog.

La thèse, tout d'abord, a représenté une course effrénée au cours des trois derniers mois. Parti relativement tard du fait d'un changement de sujet suggéré par le doctorant qui m'encadre, j'ai dû renoncer au bénéfice de la préparation que j'avais initialement effectuée pour mon idée précédente. Ce nouveau sujet présentait toutefois l'avantage de s'inscrire dans la continuité de mon précédent travail, publié dans la Conférence Asiatique du Web Sémantique, ce qui fait que je ne me suis pas non plus lancé dans l'inconnu. Au cours de ces trois mois bien chargés, j'ai réalisé un prototype de moteur de recherche entièrement basé sur les nuages de tags (de "libellés", en bon français) afin de rechercher un type particulier de fichier : les ontologies. Les données cherchée par le biais de mon démonstrateur sont constituées de plusieurs millions de documents dérivés de Wikipédia, avec les performances de recherche sur ces données sont honorables pour une interface que je pense beaucoup plus adaptée aux professionnels du Web que ne le sont celles des autres solutions existantes. Naturellement, les délais tendus ne m'ont pas permis de résoudre toutes les petites contrariétés apparues lors de l'implémentation, mais je pense que le résultat est honorable au vu des délais impartis. Ma soutenance a eu lieu il y a maintenant trois semaines et s'est plutôt bien passée, malgré une journée qui avait mal commencé. Pluie diluvienne, accident de vélo (sans gravité pour moi, mais j'ai dû faire réparer mon vélo), tuteur d'une humeur exécrable ont été de la partie, sans toutefois réussir à m'impressionner suffisamment pour affecter ma présentation.

S'en est suivi une série de démarches administratives d'une complexité folle, heureusement avec l'aide efficace de certains membres de mon laboratoire. Il nous a cependant fallu un temps considérable pour obtenir les innombrables signatures et coups de tampons, résoudre les blocages (typiquement lorsqu'un bureau demande un papier qu'un second bureau ne veut délivrer que s'il a au préalable le résultat de la démarche du précédent), faire face au manque d'information ou à leur caractère contradictoire, et j'en passe et des meilleures ! A la réflexion, ce n'est qu'un entraînement pour les démarches à effectuer dans notre beau pays, dans lequel l'administration n'est pas non plus réputée pour sa clarté et son efficacité (je m'excuse pour les lecteurs fonctionnaires : je ne vise personne en particulier, d'autant plus que dans le cas de l'université, la gentillesse et la patience des employés ont été sans faille et ont grandement contribué au succès des démarches).

Suite à ma soutenance, je me suis replongé dans la recherche d'un travail pour mon retour en France. J'ai d'ores et déjà plusieurs opportunités, sur Nantes (bien) et sur Sophia Antipolis (cela demanderait un déménagement, moins bien), que ce soit dans des sociétés de service informatique (SSII), des éditeurs de logiciel ou encore pour poursuivre un doctorat sous l'égide de l'EMN. J'avoue pour le moment hésiter un peu, chaque proposition ayant ses forces et ses faiblesses. Pour l'heure, je tente d'obtenir plus d'information de la part de chacune d'entre elles, pour me forger une opinion et prendre une bonne décision le moment venu.

Demain, et pour deux jours, je vais aller chez les parents de Q. pour y déposer mes affaires trop lourdes pour être emmenées dans ma valise (la compagnie aérienne ne donne droit qu'à 30 kg et ma valise à vide en fait déjà 7). Cela comporte un certain nombre de livres et de dictionnaires, bien que je me débarrasse définitivement de la majeure partie des livres que je possède. Peut-être que je profiterai de l'occasion pour me faire refaire des lunettes sur place, la ville étant le centre mondial en la matière, pour des prix dérisoires par rapport à la France (20 euros pour une paire de lunettes de bonne qualité, assemblée en une demi-heure).

mardi 24 mars 2009

Remise des diplômes


Bon, je vais essayer de me souvenir que je possède un blog et donner un peu de mes nouvelles. Je suis actuellement dans ma thèse, qui m'occupe beaucoup, et qui consiste (en très très abrégé) à créer un moteur de recherche pour un type particulier de fichiers. Je ne fais pas grand chose d'autre, et je suis impatient de pouvoir rentrer en France afin de voir ma chérie et ma famille. Si vous avec l'écho d'une offre d'emploi en CDI sur Nantes dans le domaine informatique (programmation, IT...), je suis prêt à l'examiner, n'hésitez pas à m'en faire part.

Samedi dernier, je me suis rendu à la cérémonie de remise de diplômes des Masters de la promotion me précédant, dans laquelle je compte plusieurs amis et "camarades" de laboratoire. La cérémonie elle-même avait lieu dans le stade couvert du campus, une immense salle de type terrain de basket, qui ferait peut-être même de l'ombre à l'Astroballe (à confirmer toutefois, je ne suis jamais rentré dans l'Astroballe). Il faut dire qu'environ 6000 diplômés étaient concernés. Contrairement à ce qui se fait en France, les parents viennent rarement, ce qui fait que les diplômés représentaient la grande majorité des personnes présentes. Parmi les raisons expliquant cette désaffection des parents, on peut citer la taille du pays (certains étudiants viennent de très loin) et le fait que ce n'est tout simplement pas la coutume.

Les diplômés étaient habillés en costume de type américain (habillés en pingouin, comme je me plais à le dire), avec une cape bleue, une écharpe de soie à bordure jaune et un chapeau à la partie supérieure carrée. Je sais qu'il y a eu des réactions en Chine contre cette pratique directement importée des États-Unis, et qu'une alternative plus respectueuse des traditions chinoises était dans les cartons. Apparemment, cette alternative ne s'est pas encore concrétisée. Par contre, il est évident que les traditions chinoises en matière de diplômes sont fort anciennes, le système chinois étant l'un des premiers au monde à autoriser un accès aux postes administratifs par concours, et donc basés sur le mérite plutôt que sur le rang social. En pratique cependant, seuls les riches sachant lire et écrire, la justice du système n'était pas parfaite. Il n'empêche, on aurait eu bien du mal à imaginer ça en France sous l'Ancien Régime, par exemple, pourtant beaucoup plus récent.

La cérémonie a commencé en début d'après-midi, par un film assez amusant présenté sur un écran géant. Il semble conçu pour mettre l'accent sur les bons aspects de la scolarité dorénavant achevé, en vantant en partie l'école, mais en digressant par exemple en montrant les chats du campus attendant patiemment devant la porte de la cantine. Cette vidéo a été suivie par l'hymne national (un peu surprenant pour une remise de diplôme d'un point de vue français, mais normal d'un point de vue chinois). Comme on arrêtait pas de se lever et de s'assoir, ça me faisait un peu penser à une messe de grande envergure. Pour ce qui est des paroles de l'hymne chinois (la Marche des Volontaires), il faudra sans doute un jour que je pense à apprendre les paroles...

Une douzaine de personnes aux robes rouge et or sont alors venues sur l'estrade, ont été longuement louées et présentées, ont fait quelques discours que je n'ai pas compris et la remise des diplômes proprement dite a commencé. Appeler 6000 étudiants n'est pas une chose que l'on fait en cinq minutes, et cela s'est fait un peu à la chaîne, par groupe de douze (en fait, le même nombre que celui des personnes en rouge et or, qui leur remettaient leur diplôme, il faudra que je compte sur les photos :p ). Poignée de main, les étudiants reçoivent leur diplôme, les officiants changent la place du petit pompon présent sur leur chapeau, les font pivoter, photo et... aux suivants. L'ensemble de la chorégraphie dure une vingtaine de secondes tout au plus, durant lesquelles deux annonceurs se relaient pour lire les noms des heureux élus. En voyant ça (et j'admets qu'on peut difficilement faire différemment avec autant de monde), je me suis dit qu'après une après-midi comme celle-ci, les officiants devaient refaire les même gestes en rêve toute la nuit, un peu comme Charlie Chaplin dans Les Temps Modernes...

La musique jouée durant cet évènement était très surprenante, en revanche : si l'on y trouvait un peu de musique chinoise, un peu de musique un peu plus symphonique, le clou a quand même été le générique de la Guerre des Étoiles, qui est bien passé en tout une dizaine de fois. A la réflexion, le genre pouvait correspondre, mais connaissant les films, j'ai eu la sensation d'un processus un peu martial.

J'ai pris des photos, visibles à l'adresse http://picasaweb.google.com/thomas.penin/RemiseDesDiplomesDesMasters#

dimanche 30 novembre 2008

Conférence en Thaïlande



Ces derniers jours, je suis l'actualité en Thaïlande avec un œil attentif. Je suis en effet sensé me rendre sur place dans tout juste une semaine, pour la Conférence Asiatique de Web Sémantique. Les billets d'avion, l'hôtel et le visa sont prêts, mais l'aéroport ne l'est pas, lui... J'espère que la situation va s'améliorer quelque peu, faute de quoi je risque fort de me voir contraint d'annuler mon voyage. Après toutes les formalités accomplies, ce ne serait pas vraiment une bonne chose... Quoi qu'il en soit, les organisateurs Thaïlandais de la conférence ont fait savoir que celle-ci était pour le moment maintenue. Attendons de voir comment les choses évoluent...

samedi 15 novembre 2008

Photos du séjour de Qiujue en Chine


Cédant à la tendance générale, j'ai ouvert un espace pour stocker mes photos sur Internet, en l'occurrence chez le géant Google... Vous trouverez les photos de Danyang à l'adresse http://picasaweb.google.fr/thomas.penin1/Danyang# et celles de Suzhou et Tongli à l'adresse http://picasaweb.google.fr/thomas.penin1/SuzhouEtTongli#

mercredi 29 octobre 2008

Le séjour de Qiujue en Chine (partie 1)


Ce dernier mois a été particulièrement intense, tant sur le plan personnel que sur celui du travail au laboratoire, ce qui ne m'a guère laissé de temps pour tenir ce blog. Des requêtes ayant été émises de la part de ma famille, en voici un peu plus.

Qiujue est arrivée fin septembre et vient de repartir pour la France, pour commencer sa nouvelle vie de "jeune cadre dynamique" (je la charrie avec ça, mais elle est un peu stressée par les nouveautés de la vie professionnelle). Durant son séjour en Chine, j'ai alterné périodes avec elle et travail au laboratoire. Voici une narration de certains de ces épisodes. J'insisterai sur les aspects qui m'ont le plus marqué ou étonné.

Je suis allé la chercher à l'aéroport à son arrivée, et nous sommes ensemble allés chez elle, près de Nankin (située à 200 kilomètres environ de Shanghai). Initialement, nous avions prévu de prendre l'un des trains rapides effectuant la liaison. Il s'agit de trains modernes, tout blancs, apparemment le fruit d'une collaboration entre la Chine, les Japonais, Alstom et Siemens. La vitesse de ce train est en moyenne de 180 km/h, avec de courtes pointes a 250 km/h. Il est par conséquent fort commode pour effectuer de tels trajets entre grandes villes, d'autant que son aménagement intérieur est bien pensé (il y a notamment plus de place pour les jambes que dans un TGV). Cependant, notre plan est tombé a l'eau, de par la faute du calendrier. Qiujue est arrivée deux jours avant la fête nationale chinoise (qui a lieu le premier octobre) et sa période de congés et de jours fériés. Il s'agit, avec le Nouvel An chinois, de l'un des moments durant lesquels le pays tout entier est le théâtre du mouvement simultané de centaines de millions de personnes. De ce fait, gares ferroviaires et routières sont bondées et obtenir des billets relève de l'exploit. Sans doute pour éviter les achats massifs et les reventes au marche noir, China Railway ne dispose pas de facilités de réservation en ligne et limite les délais durant lesquels il est possible de se procurer les billets tant convoités (l'offre est largement inférieure à la demande, malgré les trains supplémentaires mobilisés pour l'occasion). Étant pris par mon emploi du temps, c'est un ami qui s'était chargé de les acheter, mais il a été débouté par les employés, car il n'est pas possible d'acheter des billets plus de cinq jours avant le départ (ce qui était le cas, vu que c'était une semaine avant). Je suis donc allé faire la queue à mon tour, dès le début de cette fameuse période autorisée, mais tout avait déjà été vendu en quelques heures. Nous nous sommes donc rabattus sur le bus et avons réussi, grâce a un autre ami, à obtenir des places dans un autocar (paradoxalement plus cher que le train, pourtant beaucoup plus rapide).

Aller de l'aéroport à la gare routière s'est avéré plus difficile que prévu. La première difficulté était liée aux bouchons accompagnant cette frénésie collective de déplacement, mais nous avons réussi à arriver à la gare ferroviaire dans des délais raisonnables. Pour trouver la gare routière, cela s'est révélé beaucoup plus difficile. J'avais regardé sur un plan (et je sais maintenant que mon idée initiale de la position de la gare était bonne), mais nous avons pris un mauvais chemin, influencés que nous étions par d'autres gares routières (il y en a au moins trois dans la zone). Un chauffeur de taxi nous a promenés avant de nous déposer devant la mauvaise et s'enfuir, fort content de nous avoir plumés, et nous nous sommes retrouvés dans une situation assez critique. Heureusement, un deuxième taxi nous a approché du bon endroit, et finissant à pied en courant (le taxi était bloqué par les bouchons), nous avons pu monter dans le car juste à temps. J'avoue que je ne referai pas ça, car courir dans une foule en trainant des valises n'est pas agréable.

Le séjour chez Qiujue était fort bien. Un épisode marquant a été la journée passée avec ses oncles, tantes, cousin et cousines chez ses grand-parents. La politique de l'enfant unique étant en application, ces réunions de famille sont un peu différentes des nôtres, car il y a plus d'adultes que d'enfants (heureusement, les jumelles comptent pour une personne vis-a-vis de cette politique, et aident à réduire cet écart). C'était pour moi la première fois que je visitais la campagne chinoise, loin des villes gigantesques, au milieu des rizières. La journée s'est très bien passée, nous avons fort bien mangé (c'est la Chine), et j'ai pu avoir un aperçu de quelques jeux de cartes et de mahjong (qui en fait n'a rien à voir avec le jeu habituellement disponible sur les ordinateurs, et est un équivalent chinois des jeux de cartes).

Après quelques jours chez Qiujue, nous sommes tous deux partis pour Suzhou. La ville est surnommée "la Venise de l'Orient", et passe pour l'une des plus jolie villes de Chine. Suzhou elle-même est, à l'exception des jardins que nous avons visités, presque aussi grouillante et industrielle que les autres villes. La partie de plaisir a réellement commencé lorsque nous avons gagné une des petites villes de sa périphérie, Tongli, qui a su préserver l'authenticité de sa réputation. Nous avons dormi chez les habitants, au milieu de la ville. Les bâtiments sont anciens, les canaux omniprésents et les jardins splendides. Bien que touristique, l'endroit n'est pas bondé, et nous avons passé deux jours magnifiques.

La semaine suivante, je suis retourné à Shanghai pour travailler, et passer notamment l'un des examens les moins réussis de ma carrière, au moins au même niveau que l'épreuve de maths du concours Mines-Ponts à la sortie de la prépa. Cette interrogation portait sur l'anglais de ma spécialité, en l'occurrence l'anglais informatique. Il s'agit là d'une matière qui ne donne lieu à aucun cours ni préparation et qui paradoxalement est testée au début du semestre. Les Chinois ne la craignent généralement pas et y obtiennent tous de bonnes notes. Là où le bas blesse, c'est que pour obtenir cette facilité, l'examen n'est rien d'autre qu'une épreuve de traduction d'un (long et difficile) texte... de l'anglais au chinois. Il va sans dire que ma performance a été désastreuse, car non seulement je ne maitrise qu'incomplètement le vocabulaire en question, mais je suis également très lent lorsqu'il s'agit d'écrire du chinois à la main. Je verrai bien ce que cela donnera... Peut-être puis-je compter sur un accès de pitié des correcteurs...

Cet examen expédié (enfin, j'ai peiné jusqu'au bout de l'heure et demie réglementaire), je suis allé à la gare pour attraper un train pour rejoindre Qiujue chez elle en vue de notre départ pour Pékin.

Notes : Pékin sera pour le prochain billet. Je suis fort occupé en ce moment, et il y a pas mal de choses à raconter... Sinon, pour les photos (je sais que certains vont les réclamer), je me suis créé une galerie sur Picasa, mais n'ai pas eu encore le temps d'y mettre mes photos. Cela viendra, mais ma vitesse de connexion transforme ce genre d'opération en une véritable épreuve de patience...

vendredi 26 septembre 2008

Première présentation en chinois


J'ai réalisé hier ma première présentation en chinois. De l'avis de l'assistance, ce n'était pas mal du tout pour un début (parce que du point de vue purement linguistique, il y a encore beaucoup à redire). L'exercice représentait un défi de taille : présenter en 45 minutes un papier de recherche (en anglais) qui m'avait été donné au préalable. Le vocabulaire est loin d'être trivial et c'était surtout la première fois que je devais parler aussi longtemps de choses aussi complexes. C'est assez différent de la discussion éclair que l'on peut avoir avec la personne qui sert le repas à la cantine !

J'avoue que j'étais très stressé par cette présentation. Bien sûr - et comme toujours - le stress m'a quitté lorsque ça a commencé, et je me suis jeté dedans à corps perdu. La préparation a toutefois été longue et délicate. Grâce à Qiujue, je disposais de phrases magnifiques à prononcer lors de chacune des diapositives, mais il m'est vite apparu que je n'étais pas capable d'apprendre par cœur quoi que ce soit de ce genre et de le ressortir. Cela aurait été d'autant plus impossible que le prof ne cessait d'interrompre les élèves qui présentaient pour poser des questions (avec gentillesse). J'ai donc décidé de faire comme je fais pour toutes les présentations (en français et en anglais), à savoir que je retiens les idées et le vocabulaire dont j'ai besoin pour les exprimer, et je me contente de créer mes phrases au fur et à mesure. C'est à mon sens beaucoup plus naturel.

Le matin même, j'avais déjà réalisé ma prestation devant un doctorant de mon laboratoire. Trop stressé, ça n'avait pas été très concluant. Une de mes caractéristiques est de stresser quand il n'y a pas d'enjeu, et de dé-stresser au moment clé (il vaut mieux, remarquez...). Ma piètre performance de la matinée ne m'a donc pas porté préjudice, et m'a sans doute conforté dans l'idée que je pouvais au moins être compris.

Finalement, le prof était "admiratif" (c'est vraiment rare de trouver des élèves qui suivent des cours en chinois et font des présentations dans cette langue - aucun pour être honnête), et j'ai eu des remarques positives de gens avec qui j'avais fait des cours et des projets, qui ont signalé mes progrès (et bien sûr suggéré quelques améliorations).

Je ne me voile pas la face : ma prestation était linguistiquement passable, mais exceptionnelle si l'on considère que je n'ai pas suivi de cours de chinois depuis le lycée (où l'on apprend à dire bonjour et parler du temps qu'il fait, sans réussir à se faire comprendre du moindre Chinois que l'on rencontre) et que j'ai travaillé seul pour en arriver où j'en suis. Courage, peut-être qu'un jour je saurai parler chinois...

samedi 30 août 2008

Matthieu et la rentrée chinoise


Aujourd'hui pourrait faire partie de ces jours où tout paraît marcher de travers. Tout avait pourtant bien commencé. D'abord, il s'agissait du week-end, moment de la semaine parfaitement semblables aux autres jours (du point de vue de mon emploi du temps et de la nature de mes occupations), mais ô combien attendu (de manière parfaitement incompréhensible vue la première caractérisation explicité dans cette phrase). Ensuite, j'ai à nouveau des projets à mener dans le laboratoire, ce qui fait que je puis difficilement m'embêter.

Seulement, en regardant la date, j'ai repéré une allusion à la visite de Matthieu à Shanghai... Le problème, c'est que l'on a pas mal discuté de ce moment-là, mais sans que je ne prenne très sérieusement de notes à ce sujet (vu que les choses bougeaient beaucoup), me bornant à me dire que je recevrais avant la date fatidique un petit récapitulatif de Matthieu précisant des choses importantes telles que son numéro de vol, son heure, date et lieu d'arrivée, pour ne parler que des plus importante. Or, Matthieu se trouvant apparemment perdu dans le Viet-Nam profond, ne m'a rien communiqué, et moi n'ai stupidement rien demandé jusqu'à aujourd'hui (en fait, j'ai quelques difficultés avec les dates en ce moment).

Résultat des courses : j'ai perdu ma journée à essayer de contacter Ballo et à déterminer les informations qu'il me manquait, telles que le vol, l'heure, l'aéroport et j'en passe. Mon intuition (Ballo, s'il ne finit pas en rouleau de printemps d'ici là, me dira si j'avais juste ou faux) était qu'il arriverait à l'aéroport de Hongqiao aujourd'hui vers 21h30. Après avoir vérifié tous les vols - et râlé auprès des employés parce que le système Internet est en cours de mise à jour (il fallait bien sûr que ça tombe aujourd'hui !), envoyé deux SMS, un mail et téléphoné trois fois sur un numéro que Skype me prétend non attribué pour essayer de toucher Matthieu, j'ai fini par laisser tomber.

À ma plus grande honte, Matthieu devra se débrouiller en arrivant, car l'heure de son arrivée (potentielle) est trop tardive pour me permettre de rentrer dormir à l'université si je me risque à l'aéroport, d'autant plus que n'étant sûr de rien, je risque fort d'y aller pour rien... Bien que j'ai confiance en ses capacités à se tirer d'affaire tout seul, je ne puis manquer d'être navré de mon impuissance à aller accueillir un bon ami à l'aéroport...

Pour compléter la série noire, rien de ce que j'ai tenté d'installer dans mon laboratoire aujourd'hui n'a fonctionné, tandis que mon installation Windows sur mon ordinateur personnel semble définitivement morte (et impossible à réinstaller simplement vu que mon lecteur de CD est mort lui-aussi. Heureusement que Linux reste vaillant...).

Enfin, c'était la rentrée aujourd'hui pour les nouveaux élèves, qui ont gagné leurs dortoires respectifs. Imaginez un peu une dizaine de milliers d'élèves, accompagnés chacun d'une ou deux voitures pleines de parents venus les accompagner en ce moment tant symbolique de leur vie, et vous aurez une idée de la facilité que j'ai eue à me déplacer dans le campus...

Vivement demain...

vendredi 22 août 2008

Retour en Chine...


Mes vacances en France sont terminées. Me voici de retour a Shanghai pour une nouvelle - et normalement dernière - année d'étude. Force m'est d'avouer que ce n'est pas de gaité de cœur que j'ai repris l'avion, quitté famille et petite amie pour la moiteur étouffante de la plus grande métropole chinoise. Le contraste avec la France est saisissant, avec des températures atteignant les 35 degrés au plus chaud de la journée. Shanghai au mois d'aout est tout sauf agréable, et en descendant de l'avion, je me suis posé la question de ce que je venais y faire. Mes cinq semaines de vacances se sont quant à elles déroulées de manière parfaite, que ce soit dans le midi, à Lyon ou même brièvement à Paris. J'ai pu manger tout ce qui me manquait en Chine, d'autant que j'ai profité d'être à la maison pour cuisiner tout ce qui me tentait.

La hausse générale des prix semble illustrée par le bus reliant l'aéroport à la Gare du Sud de Shanghai. Alors que l'aller m'était revenu a 17 RMB, le retour cinq semaines plus tard m'a couté 20 RMB. Le trajet en bus a également été un moment d'intense frayeur, vu la dangereuse habitude des usagers de la route de doubler à droite ou à travers les lignes blanches. Nous avons failli emboutir deux voitures et autant de deux roues, et je m'émerveille encore de la chance que nous avons eue de ne pas les emboutir.

Ces jours-ci, le campus est envahi par des milliers d'uniformes et de jeunes marchant en compagnies, ce qui me laisse une tres desagreable impression, eu egard a ma phobie de tout ce qui a trait a l'armee en general. Ces jeunes gens y effectuent en effet ce qui constitue en quelque sorte leur service militaire. En les voyant, je me rends compte de la chance que cette corvee m'ait ete epargnee...

mardi 15 juillet 2008

Depart !


Ca y est, le moment tant attendu est arrive : je vais rentrer en France pour les vacances. Mon avions decolle ce soir. Aujourd'hui, j'ai publie mon article de recherche sur le site de la Conference Asiatique de Web Semantique (ASWC 2008). Maintenant, je n'ai plus qu'a attendre la notification d'acceptation (ou de rejet), que je recevrai en septembre. Bien qu'un rejet soit toujours possible, je suis plutot confiant, vu que je ne suis pas trop mecontent du resultat (dire que je serais content serait un peu exagere, perfectionnisme oblige). L'espoir est entretenu par mes relecteurs qui m'ont affirme, fort de leur experience, que le niveau de qualite requis etait atteint (je ne vise pas la recompense du meilleur article, mais la simple acceptation). Si le papier est accepte, je n'aurai plus qu'a me preparer a partir pour la Thaïlande en decembre, et echapper un temps au froid shanghaien (il fait en moyenne 32 degres a Bangkok a cette periode de l'annee).

La soumission de l'article aurait pu etre faite hier, mais j'ai ete stoppe par des bogues dans la plate-forme mise a la disposition de la conference par Microsoft Research. Outre le fait de devoir batailler avec une connexion tres lente (pour laquelle Redmond n'est sans doute pas a blamer), j'ai ete temoin d'une erreur assez ennuyeuse. Lors de l'edition de la liste des auteurs du papier (qui inclue mes relecteurs et mon tuteur en sus de ma tres humble personne), j'ai entre l'adresse courriel de l'un d'entre eux et recu un message d'erreur pour l'heure pas trop angoissant m'indiquant que la personne etait inconnue du systeme, et me demandant de renseigner son nom, son prenom et son institut. Le probleme, c'est qu'une fois tout cela entre, le systeme a bloque en affirmant que je ne peux pas modifier ces informations car la personne est deja dans le systeme. Honnetement, en voyant les deux messages contradictoires l'un sous l'autre, je me suis pose des questions quant aux ingenieurs ayant concu la chose. Cela n'a ete toutefois qu'un probleme, vu que la session s'est termine en point d'orgue par une erreur inconnue du systeme, qui n'avait d'autre ressource que de me demander de reessayer plus tard.

Je suis a part ca heureux de rentrer pour voir plein de personnes qui me manquent, Qiujue en premier lieu. Je ne suis pas fache non plus d'echapper au monopole du riz sur mon alimentation depuis deux semaines. D'ordinaire, je me satisfais d'un equilibre entre 4 repas a base de riz pour 1 a base de pates. Cependant, vacances oblige, la restauration dans l'universite a vu une limitation drastique du catalogue propose, eliminant toute chose qui ne soit pas du riz. Dur, dur, quand meme... Enfin, apres le travail de ces derniers mois, le repos ne m'apparaitra pas vole, d'autant que je rentre en Chine avant la rentree, pour recommencer le travail dans mon laboratoire et epauler les autres masters et PhD...

Voila, si quelques-un d'entre vous souhaitent me voir sur Lyon pendant les vacances, envoyez-moi un mail, et on verra pour s'arranger. J'espere faire mieux que la derniere fois, au cours de laquelle je n'ai eu le temps de ne rien faire d'autre que de regler des problemes bancaires, administratifs ou de sante.

mercredi 9 juillet 2008

Entreprise et université


Un élève des Mines de Douai souhaitant intégrer mon université m'a récemment interrogé sur les possibilités offertes par les entreprises en lien avec ce cursus. Ma réponse a été relativement décevante, je pense : il n'y en a pas.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, une formation universitaire en Chine - qui pourtant est suivie par nombre de futurs cadres de l'industrie vu que tout le monde ne finira pas chercheur - n'a absolument rien à voir avec les formations qui sont les nôtres en école d'ingénieur, car l'entreprise n'est même pas mentionnée. Jamais un prof (si, un en fait, mais il était Anglais) n'a mentionné de firme durant ses cours, indiqué comment appliquer une connaissance dans un environnement de travail, parlé des enjeux du marché, financier, liés au management, au travail en équipe ou autre. Les élèves ici arrivent sur le marché du travail sans expérience (pas de stage - sauf s'ils le font par eux-même), pas de formation autre que très théorique et aucune notion sur les présentations, les réunions, le travail en groupe, etc...

Cet aspect peut apparaître d'autant plus surprenant que SJTU est une des meilleures universités de Chine. Qui plus est, elle est à l'origine du fameux "Classement de Shanghai" qui est la nouvelle marotte du gouvernement Sarkozy. Ce classement liste les meilleures universités mondiales, et fait référence dans le monde, y compris sur le marché des entreprises chinoises. Sarkozy, irrité de l'absence d'universités ou d'écoles françaises a donné des directives pour réformer notre système national et faire en sorte de viser le top 20. De mon point de vue, il n'y a pas d'erreur plus grossière. Le classement se base sur le nombre de publications scientifiques et les crédits alloués à la recherche. Autant dire que pour une entreprise, il ne vaut pas un clou car ne parle en rien de la formation à l'entreprise, à l'international, de l'expérience en stage, de la qualité de l'enseignement. Tant mieux d'un côté pour SJTU, car l'entreprise n'y est pas présentée, l'enseignement des langues y est embryonnaire, les stages inexistants et l'enseignement assuré par des chercheurs pour lesquels l'objectif est de publier des articles et non de former leurs élèves (leur implication dans l'enseignement dépend donc de leur soucis personnel quant à la réussite de leurs élèves).

Notre système d'universités et de Grandes Écoles est loin d'être parfait. Mais vouloir le transformer pour imiter ce prétendu "modèle" me paraît très risqué. J'ai pris part aux deux types de systèmes, et je parle de par mon expérience personnelle. En Chine, un élève venant d'une université non chinoise aura facilement un très bon poste dans une entreprise étrangère. Pourquoi ? Parce qu'il sait ce qu'est une entreprise. Les autorités de l'éducation chinoise ne l'ont pas encore compris, et taxent les entreprises étrangères de privilégier les expatriés. Qu'on ne se méprenne pas : les expatriés coûtent plus cher, ne restent pas longtemps, sont plus exigeants sur leurs conditions de travail et leur salaire. S'ils sont privilégiés, c'est avant tout parce qu'ils sont tout de suite opérationnels, et ne nécessitent pas un an de formation pour apprendre à faire des PPTs...

Tout ça pour dire qu'avant de se précipiter sur le Classement de Shanghai, les dirigeants de l'éducation en France devraient d'interroger sur ce qui est le plus important : que les universités publient des articles ou que leurs élèves trouvent du travail à la sortie ? J'attends de voir comment tout cela va évoluer...

dimanche 6 juillet 2008

La quietude du dimanche matin...


Ah la quietude de la vie chinoise ! Bien que determine a me lever a une heure decente pour travailler (c'est a dire commencer a huit heures), j'ai moyennement apprecie que des gens plus matinaux que moi choisissent precisement le dimanche matin pour entamer des travaux au marteau-piqueur dans la rue en bas de chez moi des six heures :p . Du coup, j'en ai profite pour filer le plus rapidement possible a mon laboratoire pour y travailler tranquille (et au frais, car commence a faire assez chaud a Shanghai).

La temperature deja estivalle (35 degres environ au plus chaud de l'apres-midi) est encore loin des records de chaleur, mais ce n'est pas moi qui m'en plaindrai. L'humidite rend toutefois cette chaleur un peu lourde et favorise l'epanouissement de generations de moustiques, genereusement abreuvees du sang de tout ce qui peut se presenter. J'en suis a une moyenne de six moustiques a tuer par soir, ce qui est pas mal pour un mois de juillet. J'ai oui dire qu'il y aurait cette annee entre 30 et 40 pourcents de moustiques en plus. Je suis assez dubitatif quant a l'origine de ces statistiques, mais mon tableau de chasse semble y apporter un certain credit. Il est a noter toutefois que j'habite a present au 4e etage, contre le 8e l'annee derniere. Il est de notorite publique que les moustiques n'aiment guere l'altitude... Mon arsenal s'est agremente depuis quelques jours d'un appareil a plaquettes insecticides, qui semble avoir quelque effet sur eux. J'espere que ma sante a moi n'en prendra pas un coup, mais je n'en pouvais plus de me faire reveiller en moyenne toutes les heures par une bestiole me tournant autour des oreilles. Car le plus etonnant dans l'histoire, c'est qu'ils ne me piquent pas, mais se bornent a me reveiller en me tournant autour, moi qui ne supporte pas de les entendre. Ce dispositif electrique remplace celui dont je disposais precedemment, achete en France, qui ne semblait pas avoir la moindre efficacite. La faute sans doute au produit utilise, parfume aux extraits de the vert ! A la reflexion, je pense que les moustiques chinois y sont depuis longtemps immunises, et qu'a part les exciter, les effets doivent etre limites.

Demain, je devrais me rendre au centre de Shanghai pour recuperer quelques affaires a Qiujue. Je rentre dans tout juste un peu plus d'une semaine. Les derniers jours sont les plus longs (facon de parler, alors qu'il me reste encore un peu de travail pour finaliser mon article de recherche, dont je ne suis finalement pas trop mecontent)...

jeudi 3 juillet 2008

Une renarde en France


En sus du pingouin dans l'Empire du Milieu, vous pouvez à présent suivre les pérégrinations de petite renarde à Paris sur son tout nouveau blog (en français).

N'hésitez pas à lui rendre une petite visite !

lundi 30 juin 2008

Encore 15 jours...


Quel mois de juin ! Bien chargé, bien assaisonné d'examens, de rapports et de présentations ! Enfin, maintenant, les examens sont passés (plutôt mal passés, d'ailleurs, mais passés quand même), les rapports ont été envoyés et les présentations faites. À présent, il me reste à terminer mon article de recherche, afin de pouvoir le publier le 15 juillet, le plus difficile étant de faire tenir tout ce que j'ai à dire dans 15 pauvres petites pages, écrire dans un anglais à peu près lisible et m'assurer de raconter des choses intéressantes (ce qui est somme toute très relatif).

Après ça : retour à la maison (avec un crochet d'une semaine et quelque par la Méditerranée :) ) ! Je crois que j'en ai besoin. Je commence à en avoir un peu assez de ne pas sortir de mon campus et de ne voir personne...

Ici, ce sont les vacances. Les masters comme moi ne partent pas souvent en vacances, cependant, et dans mon laboratoire, je fais un peu figure d'exception. J'espère qu'ils ne m'en voudront pas trop. J'ai pu voir pas mal de gens habillés en pingouin pour la remise des diplômes, il y a quelques jours. Depuis, c'est plus tranquille, si ce n'est que les cours pour préparer les concours ont repris (forcément, pendant les vacances, les élèves ont le temps de travailler...), ce qui fait que le campus est tout sauf désert.

Que dire d'autre ? La saison des pluies bat son plein, ce qui m'amène à comprendre pourquoi il y a des déserts à d'autres endroits de la planète... Il faut bien prendre toute cette eau quelque part...

lundi 26 mai 2008

Zhou Enlai


Le présent billet est consacré à un personnage emblématique de la vie politique chinoise durant la période allant des années 20 aux années 70. Il s'agit de Zhou Enlai (en chinois 周恩来), considéré par beaucoup de Chinois comme l'un des plus importants personnages depuis la Révolution de 1949 et son accession au poste de Premier Ministre.

Pourquoi lui consacrer un article aujourd'hui ? Il se trouve que j'ai évoqué la popularité dont jouit le Premier Ministre actuel, Wen Jiabao, suite à sa disponibilité dans la gestion de la tragédie du tremblement de terre de Wenchuan. Beaucoup de gens, favorablement impressionnés vont jusqu'à le comparer avec Zhou Enlai, ce qui est dans l'esprit des Chinois un compliment au-delà de toute imagination, tant le prestige de ce dernier est important.

Zhou Enlai (1898-1976), l'un des fondateurs du Parti Communiste Chinois et artisan du front uni de lutte contre les Japonais durant la Seconde Guerre Mondiale, a occupé la fonction de Premier Ministre de la République Populaire de Chine de 1949 à sa mort en 1976. Considéré comme un bourreau du travail, un homme politique totalement désintéressé de tout enrichissement personnel et comme l'égérie de la fidélité (il n'a pas quitté sa femme malgré leur impossibilité d'avoir un enfant), il apparaît comme un pendant modéré de Mao Zedong et plus largement aux yeux des Chinois comme l'homme politique idéal.

Bien que fort important sur la scène nationale (et ce en dépit d'un caractère d'une grande discrétion), il est également en général bien connu des occidentaux, de par sa fonction de ministre des affaires étrangères de 1949 à 1958. Fin diplomate, polyglotte, formé en partie à Paris (où il partageait la chambre de Deng Xiaoping - artisan de l'ouverture de la Chine au monde en 1978, et fréquentait Hô Chi Minh), on lui doit notamment un rôle important dans la Conférence de Genève ayant mis fin à la Guerre d'Indochine entre la France et le Viêt Minh en 1954, ainsi que la représentation de la Chine à la conférence de Bandung (en 1955).

Sur le plan de la scène chinoise, il tenta de limiter les dégâts du Grand Bond en Avant (catastrophe agricole initiée par Mao en 1958 et qui résulta en une famine faisant des millions de morts) et s'attacha à réparer certains des effets de la Révolution Culturelle à partir de 1975 (épisode qui fut cependant un grand revers pour lui-même). Les Chinois lui en sont en général immensément reconnaissants (notamment ceux ayant vécu et souffert lors cette terrible période et qui haïssent Mao pour cette raison). On lui doit par exemple la préservation de certains symboles de la civilisation chinoise, telle la Cité Interdite, menacés de destruction par les Gardes Rouges.

Figure populaire d'abnégation et d'efficacité, Zhou Enlai est mort d'un cancer en 1976, mort sans doute facilitée par le surmenage. Son action a été unanimement saluée par le monde entier.
Theme original par Stephane Sulikowski modifie par Shinoli
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